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 De la tomate au sang il n'y a que le rouge [Naseeruddin & Mike]

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Date d'inscription : 23/04/2017

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MessageSujet: De la tomate au sang il n'y a que le rouge [Naseeruddin & Mike]   Mer 10 Mai - 20:36


Livreur de pizzas n’est pas un métier comme un autre. La plupart des gens qui travaillent dans ce domaine le font sur une courte période. C’est le truc purement alimentaire pour payer un logement étudiant, pour rebondir le temps de trouver mieux. Les livreurs défilent chez «Gino» le roi de la Pizz’, se succèdent d’autant plus que l’enseigne comprend 11 boutiques réparties sur tout Washington DC, une volonté évidente à faire une concurrence sévère à la chaine «&pizza». Naseeruddin en a vu passer des dizaines, des grands, des petits, des barbus, des incompétents. Parce que oui, livrer une pizza est un art et celui qui prétend le contraire est celui qui viendra se plaindre qu’elle est froide ou ratatinée dans un coin. D’ailleurs l’enseigne vante ce service à domicile comme la saveur de ses plats cuisinés. Alors ça passe, ça reste un ou deux mois, et il y a un nouveau. Lui, c’est tout le contraire. Ce boulot, il y tient. Il tourne d’un point de vente à l’autre car les gérants le réclament à corps et à cris dès qu’il manque un livreur. Djinn fait les remplacements, au point qu’il a ses jours attitrés dans l’un et dans l’autre.

Aujourd’hui, il est affecté dans l'East Side. Tous les goûts sont dans la nature et sur la carte de «Gino». Quatre tailles sont disponibles. De quoi contenter absolument toutes les envies. Naseeruddin a quatre adresses pour sa tournée et sept pizzas. C’est la giga et la petite qui font fureur. Des personnes seules d’un côté, des familles ou une bande de potes de l’autre. La distribution a bien commencé avec un pourboire à la clé. L’avant dernière c’est la giga pepperonis anchois. Un immeuble comme tant d’autres, moche, sans ascenseur. Au troisième. Avant même de sonner à la porte, il sent que la rencontre avec le locataire ne sera pas sympathique. Les voix qui se lancent des répliques bruyamment, annoncent une querelle à l’intérieur de l’appartement. Il connait bien le résultat. On va lui arracher la pizza des mains, lui jeter un billet et lui claquer la porte au nez. Mais en pro qu’il est, il gardera le sourire du début à la fin de son intervention. Un coup de sonnette. Pas de réaction. Il pose le doigt une deuxième fois, plus longuement. Les bruits se rapprochent. La porte s’ouvre brutalement. Un homme en chemise verte à moitié ouverte lui lance un “Quoi ?” avec la même amabilité qu’un pitbull grognerait.

— Bonsoir. Vous avez commandé une pizza chez «Gino».


Djinn a placé la boite entre en lui et le molosse. Raisonnablement cela n’a rien d’un bouclier. L’homme se retourne à moitié et se met à gueuler.

— C’est ta merde de pizza où tu as fait mettre ta cochonnerie de poiscaille. Tu la veux, tu la payes et tu la bouffes. Je vais manger chez Tom.

Il tend la main pour prendre une veste accrochée au porte-manteau près de l’entrée. Djinn tente de regarder à gauche à droite s’il aperçoit l’autre personne, la femme du pitbull probablement. Malheureusement, ce qu’il voit approcher dans sa direction n’a pas forme humaine, cela brille, cela vole, cela vient se planter dans l’encadrement de la porte en passant juste au-dessus de l’épaule du mari. Il laisse tomber sa veste, se met à hurler en faisant demi tour.

— Salope, je vais te buter.

Naseeruddin s’empresse de fermer la porte et s’éloigne dans le couleur de quelques pas, se mettre à l’abri d’un mauvais coup. Pas question de jouer les héros, il n’est pas payé pour cela. Ce n’est pas la première esclandre à laquelle il a assisté, mais là ce n’est pas passé loin. Il prend une grande respiration. Dans de telles circonstances, le mieux est de tourner les talons et filer à sa prochaine destination. Quand il arrive en bas de l’immeuble, il s’arrête. Comment est-ce que les communs des mortels s’étripent ? Il sourit. Il s’est posé plus d’une fois la question de l’ampleur du nettoyage à accomplir. Il se contente d’oeuvrer contre la solitude. Une goutte d’eau dans la glauque marre. L’odeur du sang, le goût du sang. Ce n’est pas son trip, il fait dans la propreté, il étouffe ou surdose les médocs. Il a envie de voir le sang frais coulé. Ce doit être magnifique, même si très chiant à nettoyer. Il veut voir. Il sort son portable et compose le numéro d’urgence. Il prend une voix affolée pour ne pas que se sente son trop grand calme.

— Ils vont s’entretuer, venez vite. Ils ont failli m’avoir. C’est des fous furieux.

On lui demande de garder son calme. Inutile, il l’est. On lui demande l’adresse. Il l’a donne docilement. La police arrive au plus vite. En attendant, il range la pizza sur son scooter, il prévient son boss qu’il est bloqué par la police parce qu’il a été témoin d’une agression, qu’il ne pourra pas finir sa tournée, ça râle, peu importe, c’est une grande soirée qui se prépare. Le rideau s’ouvre dans le grand théâtre de la vie. Il sourit jusqu’au moment où il entend la sirène des forces de l’ordre.

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MessageSujet: Re: De la tomate au sang il n'y a que le rouge [Naseeruddin & Mike]   Ven 12 Mai - 21:58

Le temps sur la patrouille était interminable. Entre un clodo à faire déplacer parce qu'il s'était installé à un endroit où il n'était pas permit d'être clodo visiblement, une plainte d'une voisine enragée pour le tapage d'une bande d'ado qui pratiquait de la musique et qui ferait probablement mieux d'envisager une autre carrière -car c'était tout sauf de la musique-, et un vol de pain sur l'étalage d'un boulanger. Comme si y'avait de quoi s'emballer pour un bout de pain quand on est boulanger. Il avait qu'à en faire cuir un autre non? Y'a vraiment des gens qui croient que tous les crimes sont une raison suffisante pour déranger la police. Bon d'accord, c'est le principe du métier, de combattre le crime, mais qu'est-ce qu'on se fait chier avec leurs histoires. Et pour couronner le tout, mon partner était le pire policier de la ville, le parfait cliché du gros porc fourré aux beignets et qui dort au gaz en laissant le moteur tourner. Et c'est d'ailleurs ce qu'il faisait - dormir. Et depuis...je jetais un coup d’œil lasse au tableau de bord pour vérifier l'heure. Depuis pas loin d'une heure. Le comble, c'est qu'il ronflait en plus. Je le toisais, quelque part entre le désespoir et l'agacement. Une part de moi avait bien envie de le réveiller dans un atroce sursaut mais au vu de sa condition physique générale, j'avais un peu peur qu'il y passe du cœur. Puis de toute façon, je n'avais pas envie de l'entendre me raconter ses histoires de vieux flic amer. J'aimais autant mieux qu'il continu de ronfler. Je rongeais donc mon frein, reportant mon regard sur la rue, espérant presque y voir une miraculeuse infraction. C'était ce genre de moment qui me faisait douter de ma vie toute entière. Qu'est-ce que je faisais vraiment ici, dans cet uniforme? À marcher dans les pas de mon père...au détail près qu'il n'y avait plus aucun pas dans lesquels marcher puisqu'il n'était plus là. Il n'y avait que moi, dans cette voiture, au milieu de East Side. Moi et Richards qui dormait. Je n'en voyais pas la fin de cette journée, ou du moins jusqu'à ce que l'émetteur radio m'apporte le miracle que j'attendais. On signalait une chicane de ménage, possibilité de violence conjugale. C'était loin d'être le genre de cas dont je raffolais, mais tout était mieux que cette immobilité. J'attrapais donc en vitesse l'émetteur pour répondre avant que quelqu'un d'autre ne le fasse. « Barsetti, je suis à trois blocs de là, je prends. » Un bref coup d’œil à Richards -que rien ne semblait pouvoir réveiller- et je démarrais pour me rendre à l'adresse indiquée. Ça allait probablement être réglé en quelques minutes, en général, voir la police débarquer sur le pas de sa porte était l'équivalent d'une douche froide. Avec de la chance, ou pas de chance, j'allais pouvoir revenir à mon état végétatif en un rien de temps, jusqu'à ce que les chiffres de mon quart se soient totalement envolés. Après ça, j'allais bien mériter une bière. Ou quatre. Ou j'allais simplement rentrer pour subir une des crises existentielles de Jeanne. Bref.

Une fois presque arrivée, j'allume les phares de la voiture, faisant crier la sirène quelques coups pour encourager une voiture à débarrasser le chemin pour me laisser passer. Et là, j'espérais presque que Richards allait revenir à la lumière, mais non, même pas. Quel gros membre inutile celui-là. Je rangeais la voiture sur le côté de la rue, devant l'immeuble, théâtre de la crise. Mon regard se tourna machinalement vers mon partner. « Hey, Richards... » Il me répondit en ronflant un grand coup et je roulais les yeux. De la merde! Je n'avais pas besoin de lui. Oh je savais bien que le protocole exigeait qu'on soit toujours deux, mais j'avais vu pire qu'une chicane de ménage. Je baissais donc un peu la fenêtre -parce que faut jamais laisser un chien dans une voiture avec les fenêtres fermées- et je sortais. À peine quelques pas fait et mon regard tomba sur un jeune homme près de son scooter. Ils avaient bien spécifier à la radio que le signalement venait d'un livreur de pizza. Ça me semblait bien en être un. La question était de savoir ce qu'il foutait encore là? La majorité des gens se dépêchaient de disparaître, de peur d'être incriminé d'une quelconque façon ou de devenir témoin de quelque chose de fâcheux. Je le toisais donc quelques secondes, incertain. « C'est toi qui a fait le signalement pour l'altercation? » À la seconde, je relevais les yeux vers l'immeuble en attendant l'écho de cris furieux. Pendant un instant, j'envisageais de peut-être aller réveiller mon équipier, mais dans un élan de déni de l'autorité, je décidais de me débrouiller seul. « Ça a l'air de quoi? » Que je demandais tout en m'avançant déjà vers l'entrée de l'immeuble, posant une main sur mon arme au passage. Il valait mieux que j'intervienne avant qu'ils s’entre-tuent réellement.

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MessageSujet: Re: De la tomate au sang il n'y a que le rouge [Naseeruddin & Mike]   Lun 15 Mai - 21:29



Quand on attend c’est toujours long. C’est bien connu dans le domaine des fast-food. Les gens s’arrêtent au “fast”, ils oublient le “food”. Il faut ce qu’il faut pour fabriquer une pizza, la cuire et surtout la livrer. Naseeruddin le sait bien, c’est lui qui prend les plaintes des clients quand la porte s’ouvre. Là il est du côté de celui qui attend. C’est vrai, c’est long, même si ça ne l’est pas vraiment. Mais ce n’est pas grave, ce ne sera pas froid à l’arrivée, quoiqu’il se passe. Saignant peut-être. Réjouissant, il l’espère. Il a fait cinquante fois la navette entre la cage d’escalier et la rue. La sirène qui pousse son cri est un soulagement. Ils ont bien pris en compte son signalement. C’est réconfortant. Il esquisse un sourire qu’il cache aussitôt. Il reprend son attitude anxieuse qu’il avait déjà utilisée lors de l’appel téléphonique. La voiture se stationne. Un policier descend et vient vers lui. Le livreur de pizza a quelques enjambées rapides pour aller à son avance. Le flic lui pose une question.

— C’est moi. Tout à fait. J'ai appelé les secours.

Il se frappe la poitrine du poing pour appuyer ses dire, puis commence à gesticuler. Il part dans de grands gestes qui se veulent affolés. Il tend le doigt vers le bâtiment. Il commence à expliquer son arrivée puis attaque rapidement l’instant où tout à dégénérer.

— Des querelles dans les foyers, c’est souvent, mais là c’est la première fois que je vois les gens en venir aux mains. D’habitude, ils le font sans témoin, j’pense. Et c’est arrivé vers moi, vers le type. Un hachoir, monsieur le policier. Il s’est planté dans le montant de la porte. Il est passé à même pas un doigt de mon oreille. J’crois même que j’ai perdu des cheveux.

Il se passe la main dans sa tignasse, en tire en poignée comme pour montrer que certains cheveux sont plus courts que d’autres.

— Regardez. Il en manque. Vous voyez. Et lui, il a crié “je vais te tuer”. Je suis parti. On sait pas ce qui se passe dans la tête des gens.

Le policier se dirige vers l’immeuble. Naseeruddin lui emboite le pas. Il lui colle littéralement au cul.

— C’est au troisième. Vous croyez que j’aurai dû rester ? Pour les séparer ? Je vais vous montrer le chemin.

Il prend un pas de course pour contourner Mike et se retrouver en premier à la porte du bâtiment. Il l’ouvre pour laisser passer l’officier de police.

— L’escalier est à droite.

Naseeruddin sent monter en lui l’excitation des grands événements. Il observe le policier. Il décortique le moindre de ses gestes, autant sa manière de marcher que celle d’avoir son arme sous ses doigts, prêt à la dégainer. Son visage, son regard, le plus petit rictus est détaillé. Chacun de ces signes est le reflet d’une émotion. S’il avait  réussi à passer les sélections de l’Académie de Police, c’est lui qui serait là, la main sur le révolver, le pas sûr, la détermination dans le regard. Mike agit à sa façon. Chaque personne a sa propre façon de réagir. C’est beau un flic en uniforme, une allure qui en impose. Rien a voir avec celle de livreur de pizzas qu’on ne regarde même pas. Transparent.

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MessageSujet: Re: De la tomate au sang il n'y a que le rouge [Naseeruddin & Mike]   Sam 20 Mai - 11:20

Il y a quelque chose de dérangeant dans cette situation et je le sens aussitôt qu'il commence à parler. Je rappelle qu'en règle général les gens qui signalent ce genre de cas ne restent pas à attendre que la police débarque. Plus souvent qu'autrement, ce sont des appels anonymes, parce qu'ils ont trop peur de finir impliqué dans les drames des autres, et qu'ils n'ont surtout pas de temps à perdre pour ça. L'humain est d'un égocentrisme sans limite, ça n'étonnera personne. J'étais donc partiellement déconcerté de voir que ce livreur de pizza s'était donné le mal d'attendre que la police arrive, surtout qu'il devait bien avoir des livraisons à faire. Encore un peu plus déconcerté face à son implication à m'expliquer en détail tout ce qui venait de se passer. Soit il avait véritablement l'âme d'un bon samaritain, soit il lui manquait quelques tuiles au plafond ou alors...il était l'un de ces vautours qui adoraient se repaître du malheur des autres. Vous savez, les curieux. qui sont toujours aux premières loges pour observer et commenter quand un crime ou un accident se produisait. Enfin ceci dit, je n'étais pas là pour lui faire un procès non plus. Je prenais donc un temps d'arrêt pour écouter ce qu'il avait à raconter, sans néanmoins cacher la perplexité de mes traits. Je n'étais pas bon de toute façon pour camoufler mes pensées, j'étais un livre ouvert. J'arquais donc un sourcil quand il ajouta qu'un hachoir était passé à quelques poils de sa tête, le privant du même coup de quelques cheveux au passage, du moins, selon ses dires. Machinalement, mon regard voyagea de son visage à sa tignasse qu'il tirait pour démontrer les faits. Après quelques secondes de flottement, je clignais des yeux. Non, attendez...quoi?! Intérieurement, j'avais très envie de répondre qu'il y avait très peu de chance que le hachoir ait été assez tranchant pour lui couper des cheveux simplement en volant près de sa tête, mais je n'étais pas là pour ça non plus. S'il y avait vraiment un couple en train de se battre avec des couteaux dans cet immeuble, il valait mieux que je me charge de ça d'abord. « Je vois...Je vais m'occuper de ça... »

Je ne prenais d'ailleurs pas le soin de lui dire de rester ici, parce que ça me semblait logique. Personne n'avait envie de se retrouver au milieu d'une guerre de hachoir. Et pourtant, quand je le sentis se glisser dans mon ombre je me disais qu'il aurait peut-être mieux valu que je l'informe de son droit à attendre sur le trottoir. Me montrer le chemin? Et puis quoi encore? C'était un immeuble à logement, il ne devait pas y avoir cinq chemins possible pour se rendre au troisième étage, même qu'il suffisait de suivre les cris furieux pour savoir où aller. De plus en plus, j'avais envie de lui japper de se casser de mon chemin et de me laisser faire mon job ingrat, mais mon supérieur m'avait bien prévenu qu'il fallait que j'arrête d'agresser tout le monde sur mon passage, d'autant plus que j'étais déjà en train de désobéir en intervenant sans mon partner. « Non ça va, vous avez bien fait de pas intervenir. Vous pouvez... » Je ne termine pas ma phrase qu'il me contourne en vitesse pour m'ouvrir la porte. J'arque les sourcils d'un air médusé. Il est sérieux ce gars? J'ébauche un bref et léger sourire en remerciement dubitatif à son geste, puis tente de me concentrer sur la tâche à faire. Il valait quand même mieux que j'évite de me faire surprendre par un hachoir volant. Je n'avais déjà pas beaucoup de cheveux, donc si quelque chose se faisant couper, dans mon cas, ça allait probablement être ma tête. « Tu restes derrière moi hein, je veux pas avoir à te gérer en plus d'eux. » S'il tenait absolument à suivre d'accord, mais qu'il ne vienne pas me jouer dans les pattes. Je gravissais les escaliers pour monter à l'étage en question, conservant la main sur mon arme, prêt à réagir. Une fois à destination, il était facile de cibler le logement en faute, car la porte semblait être resté ouverte. Je m'approchais donc d'un pas assuré, mais prudent. Et ce jusqu'à pouvoir regarder par l'ouverture, y apercevant la femme en train de brandir un couteau en direction de l'homme, tous deux se hurlant des injures à s'en arracher les tympans et à en faire descendre les saints du ciel. Des traces de sang étaient visibles sur les mains et le chandail du type, mais impossible de savoir s'il s'agissait du sien ou de celui de sa femme, amante, colocataire, ou qu'importe ce qu'elle était. Calmement, je levais une main dans leur direction, pour appeler au calme, car il valait probablement mieux éviter de mettre le feu au poudre en intervenant directement avec mon arme. « MPDC, lâchez le couteau Madame! » Aucune réaction de leur part. Je roule les yeux, déjà au bout de ma patience. « HEY! » Que je lâche brusquement et de façon très audible pour attirer leur attention, et cette fois, ça semble fonctionner puisqu'ils tournent simultanément leur regard vers moi.

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MessageSujet: Re: De la tomate au sang il n'y a que le rouge [Naseeruddin & Mike]   Jeu 25 Mai - 12:15

Naseeruddin est heureux. L’excitation d’être l’observateur de cette expérience sociale est canalisée au mieux pour éviter de paraitre trop... Quoique son attitude globale est hors standard. Il est notoire que les témoins ont tendance à être discrets et plus, absents. Il s’en rend compte, mais c’est tellement passionnant ! Les spectateurs d’un match de foot poussent des cris dans les tribunes et sur leur canapé, alors pourquoi pas lui, maintenant, non bien sûr que non, absolument pas ! Il se ferait beaucoup trop remarqué et c’est lui qui finirait au poste. Ce n’est pas lui l’hystérique de l’histoire, ce sont les deux givrés du bocal dans l’appartement. Quelle personne sensée agresse à coups de hachoir ! C’est dégueulasse un meurtre au hachoir, il y en a partout, du sang, des os, de la cervelle. Très mauvaise idée quand on n’a pas un super service de nettoyage à disposition. Quelle personne sensée mélange pepperonis et anchois ! A la place du bonhomme, il aurait éliminé la femme, mieux vaux être seul que mal accompagné dit le diction. C’est vrai. Bref, Naseeruddin ne se fait pas prier pour être l’ombre de l’ombre du flic. Il le propose si gentillement. Il a eu la chance de tomber sur la crème des policiers. Il l’embrasserait pour le remercier si là encore ce n’était hors sujet.

En deux temps, trois mouvements, les escaliers sont montés, le couloir traversé jusqu’à la bonne porte. Ils ne sont pas morts, ouf ! Le passeur de vie à trépas avait craint un instant d’arriver trop tard. Tout est parfait, le policier qui entre et se signale, les deux antagonistes toujours aussi agressifs, du sang versé, des armes prêtes à servir. Superbe preuve d’autorité de la part du représentant des forces de l’ordre. Le couple met sa querelle en pose. Mais voilà que l’homme ensanglanté se met à invectiver le flic.

— On t’a pas sonné, dégage.

Manque de respect flagrant. Le livreur de pizzas rester dans l’encadrement de la porte laisse passer un commentaire.

— C’est pas sympa, on vient vous aider.

Il se ravise. S’il se montre trop actif dans ce lieu où il ne devrait plus être depuis longtemps, le policier risque de le chasser de la scène d’action. De lui-même, il fait un pas en arrière pour se retrouver dans le couloir. Ce recul est purement tactique, rien de plus. Le point négatif : la vue est moins bonne. Comme au ciné, il y a une tête qui gène les petits derrière, là c'est Mike, mais avec un petit dandinement à droite, à gauche, sur la pointe des pieds, Naseeruddin parvient à perdre le moins d'images possible. C’est ce moment-là que la femme choisit pour passer à l’action. L’arme se lève pour prendre de l’élan et plonger vers le dos du mec pas cool. En fait ce n’était peut-être pas elle la méchante, si le gars à l’habitude d’être bête et agressif envers son entourage, il fallait s'attendre qu'un jour quelqu'un craque. La goutte d’eau “pizza” a fait débordée le vase de sa vie de soumission et la belle dame est devenue sorcière. Enfin belle, tout dépend des goûts.

— Attention !

Naseeruddin n’a pu s’empêcher d’intervenir par ce cri d’alarme. Voilà qui s’épice à souhait. L’acte III s'emballe avec un rebondissement tragique, une tentative de meurtre de la femme envers l’homme. Ah la vie de couple ! N'est-ce pas magnifique !
 



La pièce se joue en... :
 
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MessageSujet: Re: De la tomate au sang il n'y a que le rouge [Naseeruddin & Mike]   

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